Endométriose : pourquoi la douleur peut persister même après une opération
(et pourquoi le corps mérite d’être écouté autrement)
Quand on pense que « tout est fini »… mais que la douleur est toujours là
Pendant longtemps, on a laissé entendre que la chirurgie était la solution ultime à l’endométriose. Comme si retirer les lésions — ou parfois même les organes — suffisait à faire disparaître la douleur.
Pourtant, dans la réalité, beaucoup de femmes continuent à souffrir après l’opération. Parfois différemment. Parfois plus diffusément. Parfois avec cette impression que tout le bassin, le dos, les fesses, l’arrière du corps sont en tension permanente.
C’est une réalité encore trop peu dite.
Mon parcours : opérée… et pourtant encore en douleur
Je suis moi-même atteinte d’endométriose, associée à une adénomyose. J’ai été opérée : hystérectomie et ablation des trompes.
Sur le papier, tout ce qui devait être retiré l’a été. Et pourtant, après l’opération, les douleurs étaient toujours là.
Des douleurs profondes, diffuses :
dans le bassin, devant et derrière
dans le sacrum et les lombaires
dans les fesses
avec cette sensation que le corps entier restait en alerte
Ce n’était plus seulement une douleur liée au cycle. C’était un corps tendu, contracté, protecteur. Un corps qui avait appris à se défendre… et n’arrivait plus à relâcher.
Pourquoi la douleur peut persister après une chirurgie de l’endométriose
C’est une question que se posent énormément de femmes, souvent avec incompréhension, découragement ou culpabilité.
Plusieurs mécanismes peuvent expliquer ces douleurs persistantes :
les phénomènes de fibrose et de cicatrisation
les adhérences et pertes de mobilité tissulaire
les tensions myofasciales installées depuis parfois des années
un plancher pelvien en hypertonie
un système nerveux sensibilisé, resté en mode protection
Même lorsque la cause initiale est traitée, le corps peut continuer à fonctionner comme si le danger était toujours présent.
👉 La douleur devient alors un langage du système, pas uniquement le signe d’une lésion active.
Le bassin : une zone carrefour souvent sursollicitée
Le bassin est un véritable centre de connexion :
entre le haut et le bas du corps
entre le système nerveux, les fascias, les muscles et les organes
entre la respiration, la posture et l’état émotionnel
Quand la douleur s’installe dans cette zone, le corps compense :
le plancher pelvien se crispe
le diaphragme se fige
le dos, les hanches et les fesses prennent le relais
les fascias transmettent la tension à distance
👉 La douleur n’est alors plus localisée : elle devient globale, envahissante, épuisante.
Ce que ce parcours m’a appris, comme femme et comme praticienne
Vivre cela dans mon propre corps a profondément transformé ma façon de travailler.
Cela m’a appris que :
forcer le relâchement ne fonctionne pas
“corriger” un corps en protection peut renforcer la douleur
la douceur n’est pas une faiblesse, mais une stratégie thérapeutique
le système nerveux doit se sentir en sécurité avant de pouvoir lâcher
C’est ce vécu qui m’a amenée à orienter ma pratique vers une approche centrée sur les fascias et la régulation du système nerveux, en complément du suivi médical.
Quelle place pour la fasciathérapie dans l’endométriose ?
La fasciathérapie ne soigne pas l’endométriose et ne remplace jamais un suivi gynécologique ou médical.
En revanche, elle peut constituer un accompagnement complémentaire pour :
diminuer les tensions myofasciales
améliorer la mobilité des tissus
apaiser le système nerveux
réduire certaines douleurs diffuses ou persistantes
redonner au corps un sentiment de sécurité
Le travail est doux, progressif, respectueux de l’histoire de chaque femme.
👉 L’objectif n’est pas de “faire disparaître” la maladie, mais de réduire la charge douloureuse et d’améliorer la qualité de vie.
Un message essentiel : vous n’êtes pas folles
Si tu ressens encore des douleurs après une opération, si ton corps te semble “bloqué”, “tendu”, “en lutte permanente”, ce n’est ni dans ta tête, ni une faiblesse.
C’est souvent le signe d’un système qui a trop longtemps dû s’adapter à la douleur.
Et ce système mérite d’être écouté autrement.
FAQ – Endométriose, douleurs persistantes et approche corporelle Peut-on encore avoir des douleurs après une opération de l’endométriose ?
Oui. Même après une chirurgie, y compris une hystérectomie, certaines femmes continuent à ressentir des douleurs pelviennes, lombaires ou diffuses.
Cela peut être lié à la cicatrisation, à la fibrose, aux tensions myofasciales ou à une hypersensibilisation du système nerveux.
Pourquoi la douleur peut-elle s’étendre au dos, aux fesses ou aux jambes ?
Le bassin est une zone de transmission majeure. Quand il est en tension, le corps compense via le dos, les hanches, les fesses, parfois jusqu’aux jambes.
La douleur devient alors moins localisable, plus diffuse.
Les fascias peuvent-ils jouer un rôle dans la douleur ?
Oui. Les fascias sont riches en récepteurs nerveux et participent activement à la perception de la douleur.
Lorsqu’ils perdent en mobilité, ils peuvent entretenir des tensions et amplifier les signaux douloureux.
En quoi la fasciathérapie peut-elle aider en cas d’endométriose ?
Elle peut contribuer à :
apaiser les tensions
améliorer la mobilité tissulaire
calmer le système nerveux
réduire certaines douleurs chroniques
Toujours en complément du suivi médical.
Est-ce que cette approche fonctionne pour toutes les femmes ?
Non. Chaque parcours d’endométriose est unique.
La fasciathérapie peut être une aide précieuse pour certaines, moins pertinente pour d’autres. L’objectif n’est jamais de promettre, mais d’explorer ce qui peut soulager, dans un cadre sécurisé.
Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical.




